Cet article retrace l’aventure complète de cette portée de chiots Saarloos, depuis la gestation jusqu’à leur départ à 3 mois, dans une démarche d’élevage profondément éthologique. Chaque choix, chaque geste, chaque interaction a été pensé pour respecter les besoins instinctifs et le rythme individuel de ces chiots, sans jamais céder aux pratiques standardisées. Voici leur parcours. Une philosophie éthologique Ma démarche repose sur une compréhension fine du comportement animal, enrichie par des lectures, mes formations personnelles et l’observation directe. L’élevage éthologique consiste à respecter les besoins naturels et instinctifs du chien. Cela signifie un environnement adapté, une socialisation progressive, et une éducation basée sur la communication canine et non l’imposition humaine. La gestation : nutrition et préparation ciblée Que ce soit pour nous même, pour les chevaux ou lapin, je m’intéresse de près à la nutrition, et même à la macro et micro nutrition. Rien n’est industriel, et rien n’est laissé au hasard, j’aime beaucoup lire les études, contacter des nouveaux vétérinaires spécialisés, bouger les variantes et voir les changements qu’ils impliquent dans ses tests sanguins… me renseigner éternellement. J’ai donc été la nutritionniste de Ayla durant toute sa vie et il était normal au moment de sa gestation de chercher à adapter son alimentation en conséquence. Qu’est ce qu’on apporte, et quand on l’apporte. Il y a même des variantes à baisser (Vit A, dans le foie) à un moment bref de la gestation par exemple. Les chiots sont nés énormes, et aussi difficiles à sortir pour Ayla. Certains pesaient même presque le double de la moyenne de leur âge, et ils ont conservé cette différence de poids toute leur croissance. A 3 mois ils faisaient 13kg pour les femelles et 15kg pour les mâles. A l’heure où j’écris, ses fils de 7 mois pèsent 38kg et ses filles ont le même poids que leur mère. La mise bas : dans l’obscurité, comme dans la nature Fidèle aux observations scientifiques de Carol Beuchat sur l’influence de la lumière sur la production d’ocytocine (une hormone qui joue un rôle majeure dans la qualité des contractions) , et à la logique éthologique (parce que les chiens et loups veulent mettre bas dans le noir quand on leur laisse le choix) , la mise bas s’est déroulée dans une chambre, dans un espace fermé appartenant exclusivement à la chienne. Elle cherchait absolument à se mettre dans le sombre. Et même quand je lui proposais de marcher pour stimuler, elle cherchait à se cacher sous les buissons, sous le lit, et tant qu’elle n’était pas dans cette pièce noire elle restait très agitée. A partir du moment où elle y était, elle s’est posée, comme si elle attendait. Malgré cela, la mise bas fut longue : les premières contractions ont duré toute la journée. Le premier chiot est né à 1h du matin le 10 décembre 2024, le dernier à 16h, grâce à un massage spécifique, la petite dernière était coincée. La taille importante des chiots a probablement contribué à ces complications. J’ai observé la totalité de la mise bas via une caméra à vision nocturne. Elle, plongée dans le noir le plus total, y voyait parfaitement bien ! Les 12 premiers jours : noir total, chaleur naturelle, respect du vivant Durant leurs 12 premiers jours de vie, les chiots sont restés dans leur pièce plongée dans le noir, une véritable tanière. Aucune source de chaleur artificielle n’était présente : la maison était chauffée à 19 °C, et seule la mère assurait leur maintien thermique. Cela peut sembler radical dans un monde d’élevage où la lampe chauffante est reine, mais cela me paraît bien plus cohérent avec leur physiologie. La lumière infrarouge en continu, alors que leurs yeux sont encore fermés et si sensibles à la lumière, me semble illogique, voire néfaste. Pas de lampe, pas de tapis chauffant, seulement un sol bien isolé. Respecter ces moments ou la mère se blottit contre ses chiots pour les maintenir chauds sont les prémices des tout premiers liens sociaux, de la mère à ses chiots ainsi que des chiots entre eux. Car une mère qui a chaud restera peu avec eux. Et des chiots qui ont chaud ne chercheront pas le contact mutuel. Cela a un impact sur les liens sociaux à construire. Ayla n’est pas sortie pendant 3 jours. Je lui ai seulement apporté de l’eau, mais elle ne souhaitait pas ma proximité pendant cette période. Alors je surveillais à la camera et je restais disponible pour elle si besoin. Mais elle n’avait pas besoin de moi, elle était plongée dans cette trans hormonale et fusionelle avec ses petits. Elle passait son temps à les ranger, les caler sous elle, sous son encolure. L’absence de chaleur ajoutée leur a fait développer une fourrure épaisse et dense en 2 jours. Gras, vifs, puissants, pelucheux. Leur corps est fait pour s’adapter, leur biologie est prête à affronter cette phase. J’ai choisi sans regrets de faire confiance, avec une mère dévouée et concentrée. Vers 5 jours Ayla m’a permis de rencontrer ses petits. Son appétit est revenu et elle me demandait de sortir faire ses besoins de manière plus naturelle. Et à partir de la j’ai passé chaque instant allongée dans la caisse de mise bas. Je prends mon rôle de nounou et j’apporte chaleur aux chiots qui viennent rapidement se blottir aussi partout sur moi. (on ne dirait pas mais on est tellement dans le sombre que j’avais du mal à distinguer les couleurs des colliers). TRACTION MATS : LES FONDATIONS DU CORPS Pendant un mois, les chiots ont évolué sur des tapis de traction sur mesure à la taille et âge du petit saarloos, afin de favoriser un développement moteur optimal. Dès leurs premiers jours, j’ai observé des différences frappantes : Un chiot se fatigue vite à téter, donc plus il est efficace au moment de le faire et plus il prend de quantité de lait avant d’être trop fatigué pour continuer et s’endormir.Lui permettre une propulsion efficace et plus naturelle (comme ils pourraient avoir sur de la … Lire la suite de Socialisation chiots 2024
Copiez-collez cette URL dans votre site WordPress pour l’inclure
Copiez-collez ce code sur votre site pour l’y intégrer